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Vidéo de la soirée au Louvre-Lens en hommage à Maurice Audin, militant de l’indépendance de l’Algérie, assasiné par l’armée française en 1957

Maurice Audin : les vidéos de la soirée de Lens

Artistes et historiens se sont réunis vendredi 19 septembre à Lens (Pas-de-Calais), en écho à l’exposition du Louvre sur les « désastres de la guerre », pour une soirée exceptionnelle en présence de Josette Audin, veuve de Maurice Audin, jeune et brillant mathématicien engagé pour l’indépendance de l’Algérie, assassiné à 25 ans en juin 1957 par des militaires français. Voici les vidéos de cette journée exceptionnelle.

 

PS : Merci Dominique

« Les casseurs ne sont pas des supporters algériens mais des agents du FN » par HK

BILLET D’HUMEUR :

À qui profite le crime ?

 

 Copie intégrale du texte publié par HK sur son blog  (cliquez ici pour un accès direct) 

Je viens juste de vivre une semaine fabuleuse !!!

Tout d’abord en tant que musicien saltimbanque : quatre concerts, en Algérie et en France, avec pour compagnons de route mes accolytes d’ HK et les déserteurs, d’HK et les saltimbanks, et même du M.A.P ( Ministère des Affaires Populaires ). Trois groupes, trois histoires musicales et humaines que je continue à co-écrire chaque jour, à chaque concert, chaque chanson, chaque voyage, chaque moment vécu ensemble sur scène ou sur la route, partagé avec dix, cent, mille personnes ou plus. coach vahid

Cette semaine, nous avons d’abord joué avec les déserteurs à Oran, dans ce magnifique théâtre « Maghreb » puis à Alger dans les jardins de l’institut français, juste avant la retransmission sur grand écran du match Algérie-Russie ; ensuite nous sommes rentrés en France direction le grand ouest pour deux concerts avec les Saltimbanks et M.A.P à Saint-Nolff(56) puis Thouars dans les Deux-Sèvres.

Le moment fort de cette semaine restera sans aucun doute ce combo « concert – match » à Alger jeudi dernier, dans les jardins de l’nstitut français transformés pour le coup en mini-stade de football, remplis d’un millier de personnes : hommes, femmes, enfants, tous habillés, maquillés de vert, de rouge et de blanc, supportant l’équipe d’Algérie, les « verts », les fennecs, comme on les appelle. Dans cette foule : des algérien(ne)s en grande majorité, des français(e)s aussi, des franco-algérien(ne)s ou algérianno-français(e)s dont moi, des français arabophones, des algériens francophiles…

france algérieEt, au coup de sifflet final… il fallait voir, il fallait entendre, sentir, toucher, vivre cette liesse collective, dans ce mini-stade et au-delà dans les rues d’Alger, dans les avenues, sur la corniche, sur le port, devant la grande poste, dans le ciel ces milliers de feu d’artifice… C’était, très certainement totalement disproportionné pour un simple matchs de football, mais que voulez-vous les gens étaient heureux : ils se serraient dans les bras, ils sautaient, ils chantaient,  et nous on en était bien sûr, dans cette joyeuse hystérie collective. Je ne devrais pas, mais je me sens malheureusement obligé de souligner que durant toute cette soirée de fête, que nous avons vécu pleinement, jusqu’au bout de la nuit, nous n’avons assisté, ni de près, ni de loin, à aucune échaufourée, aucune tension, aucune dégradation…

Au détour d’une discussion pendant le match, dans les jardins de l’institut français, je disais à un de mes voisins : « j’espère juste que si les fennecs gagnent, il n’y aura pas de débordements ». Du tac au tac, le gars, vexé, m’a répondu:

– pourquoi dis tu ça ? il n’y a jamais de débordements ! 

– Euh… si. En France, quand l’équipe d’Algérie joue et qu’elle gagne, il y en a malheureusement

– En France peut-être, mais pas ici !

Sur le coup, je n’ai pas répondu, continuant à regarder le match. Une petite minute après, il reprenait : « ceux qui cassent en France, on sait tous que ce ne sont pas des supporters algériens ! Et ce ne sont pas des algériens tout court !!! Tu crois que quelqu’un qui est heureux, qui vient de gagner, a envie de casser quoi que ce soit !? ce sont les gens du Front National qui font ça, comme ça on accuse les Algériens, on dit que ce sont des sauvages et tout ça… ça fait peur aux gens, et ça ramène des voix à Lepen ! « .

Je n’ai pu qu’acquiescer. C’est vrai, quoi qu’on en dise, ces casseurs travaillent pour le Front National ! En ces temps de crise, il faut bien avouer que le Front National recrute à tour de bras : casseur donc, mais aussi journalistes, éditoiralistes, patrons de chaîne de TV, patrons de presse nationale, quotidienne, hebdomadaire… Avec pour seule misssion, faire les gros titres, en premier page, tous les jours, sur le danger immigrationniste arabo-musulman. Le moins que l’on puisse dire c’est l’armée de propagande lepeno-zemmourienne comme de nombreux et fidèles soldats dévoués à la cause, des gens influents et zèlés.

D’ailleurs, suite à ces « débordements (bientôt vous verrez on parlera « d’émeutes »), Marine Lepen entre en scène déclarant « l’Algérie est le seul pays posant problème, qu’il gagne ou qu’il perde », avant d’inviter les auteurs de ces violences qui «n’aiment pas la France» à «choisir la nationalité algérienne» et à «s’installer en Algérie puisqu’ils ont acquis leur indépendance».

Donc, plus besoin d’enquête, plus besoin de policiers pour arrêter les coupables et eux-seuls; plus besoin de rechercher pour connaître leurs motivations; plus besoin de justice ( pourquoi faire ? ), la sentence de droit divin est tombé par la reine Marine. Une sentence en trois actes :

1- Les responsables sont donc des algériens

2- Les algériens n’aiment pas la France

3- Ils n’ont de toute façon rien à faire en France puisqu’ils ont acquis leur indépendance ( sous-texte : « après NOUS avoir déclaré la guerre » )

avec trois autres actes, à peine sous-entendus :

1 bis- Renvoyons les algériens chez eux

2 bis- Et que ça saute

3 bis- Ben alors, que font-ils encore là ? 

Au fond de moi, j’aurais presqu’envie d’en rire, sauf que cette petite musique est la seule que l’on entend. La seule que tous nos programmateurs télé et radio deignent passer… en boucle. Et donc, pour tout le monde, les thèses de Marine, de Zemmour et Consorts sont devenues de véritbales « paroles d’évangile ».

Eh bien, puisque le droit et la raison ne semblent plus avoir leur place dans notre société, puisque les seules choses qui comptent, ce sont les grandes déclarations sur fond de roulements de tambour, voici la mienne ( je sais bien que contrairement à Marine, elle ne me vaudra jamais d’être invité au JT de TF1, ni aucun intervew exclusif dans Valeurs Actuelles, Marianne ou Le Point, ni même une toute petite ligne dans le Figaro ou l’Express… mais bon, je me lance quand même) :

« La prochaine fois qu’ on me dira qu’il y a eu des débordements en marge de célébrations relatifs à une victoire d’une équipe d’Algérie, je considérerais, jusqu’à preuve du contraire, que ces débordements sont du fait de militants d’extrême droite qui sont, de toute évidence selon moi, les seules et uniques personnes à qui peut profiter ce climat de tension, de peur, de déifance, et de rancoeurs perpetuelles ». 

Et je continuerai, quoiqu’il en soit à suivre cette coupe du monde en supportant mes équipes, en premier lieu celles d’Algérie, de France et de Belgique. En supportant en fait surtout une certaine idée du football : on s’affronte sur le terrain, on se fait pas de cadeaux en restant dans les règles et dans l’esprit, on se repsecte, que le meilleur gagne, et au coup de sifflet final, on se sert la paluche.

Ce n’est qu’un jeu !

Les Africains, les grands oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (El Watan)

 Les Africains en général et les Maghrébins en particulier demeurent les grands oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

La preuve, aucun mot n’a été soufflé, le 6 juin 2014, sur les lourds sacrifices consentis par les Africains lors de la célébration, en France, de la victoire du monde sur le nazisme et du 70 e anniversaire du débarquement allié en Normandie. Les Occidentaux continuent à ne mettre en valeur que les hauts faits d’armes des soldats américains et européens. Les soldats africains ont pourtant activement participé à la Seconde Guerre mondiale. Ils ont même été décisifs dans de nombreuses grandes batailles.

 Les livres d’histoire n’en parlent pas beaucoup, mais les soldats algériens, considérés comme des combattants d’élite, ont été, par exemple, les premiers à avoir traversé le Rhin. C’était dans la nuit du 30 au 31 mars 1945, à 3 heures du matin. Mais il faut savoir que la mobilisation en Afrique du Nord commence très tôt. Elle permit, de septembre 1939 à juin 1940, de constituer pour le corps de bataille quatorze divisions919009306 regroupant 340 000 hommes. Huit divisions étaient sur le front français le 10 mai 1940, au moment de l’offensive allemande. Sur les six divisions françaises qui tenaient entre la Dyle et la Meuse, trois étaient nord-africaines.

  Le cauchemar des prisons nazies

La débâcle de l’armée française en juin 1940 se solda par plus de 85 000 tués, dont 5 400 Nord-Africains et 1 800 000 prisonniers dont, selon Yves Chatel, le gouverneur général de l’Algérie de l’époque, 90 000 musulmans (60 000 Algériens, 18 000 Marocains et 12 000 Tunisiens). Excepté une dizaine de milliers de libérations et autant d’évasions, le reste des prisonniers coloniaux connut la captivité jusqu’à la Libération, quand ils n’étaient pas décimés par les maladies qui ravageaient leurs centres de détention. Les choses ne se sont pas arrêtées là.
 Juste après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, les trois colonies du Maghreb furent de nouveau mises fortement à contribution pour reconstituer l’armée française et participer aux combats pour la libération de la France et de la Tunisie. Armées par les Américains, les unités françaises, cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées, furent reconstituées et instruites au Maghreb pour être immédiatement incorporées au dispositif allié.
 Le chiffre le plus souvent avancé concernant l’effectif des musulmans maghrébins dans l’armée française de 1944 est celui de 233 000 hommes. Certains historiens estiment l’ensemble des troupes fournies par les trois pays d’Afrique du Nord de 200 000 à 250 000 musulmans entre 1943 et 1945, dont 120 000 à 150 000 pour la seule Algérie. Les évaluations des pertes de l’armée française depuis la campagne de Tunisie jusqu’à la capitulation allemande le 8 mai 1945 varient entre 97 000 et 110 000 tués, blessés et disparus. Si on se base sur les chiffres communiqués
 par le Service historique de l’armée de terre française (SHAT) qui font apparaître un total de 97 715 tués et blessés pour l’ensemble de l’armée française dont 11 193 tués et 39 645 blessés pour les musulmans, la proportion est de 52%.

 Au total, le Maghreb fournit à l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, si l’on additionne les chiffres de 1939-1940 et ceux de 1942-1945, pas moins de 800 000 combattants dont deux tiers d’indigènes. En tout, on estime le nombre d’Algériens tués durant la seconde guerre mondiale à 40 000.

 Chair à canontrailleurs

 Des milliers de soldats noirs appelés aussi « Tirailleurs sénégalais» (dont le nombre est de 179 000) ont également été mobilisés à partir de différentes colonies françaises vers la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de prisonniers noirs appartenant aux unités de tirailleurs sénégalais et parfois nord-africaines ont connu un sort tragique. Considérés par les Allemands comme des «troupes sauvages» et furieux d’avoir rencontré une farouche résistance opposée par ces combattants, notamment pour défendre la ville de Lyon, beaucoup d’entre eux furent massacrés après leur capture sans aucune autre forme de procès, jetés dans des fosses communes ou dans les flammes des fermes en feu. Certains furent achevés, écrasés par les chenilles de chars allemands.
 Par ailleurs, les empires coloniaux français et britannique ont joué un 137rôle majeur dans la guerre. L’Afrique, en particulier, a été le théâtre de nombreuses opérations et a participé au financement de la guerre. Les puissances coloniales engagées dans la guerre (Allemagne et Italie, d’un côté, contre la France, l’Angleterre, la Belgique de l’autre) se sont en effet affrontées en Afrique à travers leurs colonies. L’Afrique contribuera beaucoup à la consolidation du camp des alliés, notamment en servant de base arrière pour leurs opérations. L’Algérie a même servi pendant un moment de «quartier général» pour la «France Libre».
 Malgré tous ces sacrifices, il a fallu cependant attendre jusqu’en 2007 pour que les anciens combattants africains de l’armée française perçoivent la même pension que les soldats français engagés dans la guerre. Pis encore, la France en 1945 ne tiendra pas sa promesse de laisser les pays qu’elle a colonisés accéder à leur indépendance nationale. Le cauchemar colonial allait ainsi se poursuivre pour des millions d’Africains durant près de deux décennies. 

Zine Cherfaoui

 http://www.elwatan.com/international/maghrebins-et-africains-oublies-de-l-histoire-08-06-2014-260369_112.php

8 février 1962 métro Charonne 9 morts : écoutez l’émission Bayenne Pastel FM et Canal FM

charonne 1 À l’appel du Parti communiste français et d’autres organisations de gauche, une manifestation est organisée à Paris le 8 février 1962, pour dénoncer les agissements de l’OAS ainsi que la guerre d’Algérie.
Étant donné le contexte des plus tendus et l’état d’urgence décrété en avril 1961 suite au putsch d’Alger, la manifestation est interdite.
Avec l’accord du ministre de l’Intérieur Roger Frey et du président de la République Charles de Gaulle, le préfet de police de Paris Maurice Papon donne l’ordre de la réprimer.
Parmi les manifestants qui essaient de se réfugier dans la bouche de la station de métro Charonne, huit personnes trouvent la mort, étouffées ou à la suite de fractures du crâne, ainsi charonne 3qu’une neuvième à l’hôpital, des suites de ses blessures

Vendredi 7 février à 19h30  sur Radio Pastel FM 99.4 fm Lille Métropole ou www.pastelfm.com

 Dimanche 9 février à 13h00 sur Canal FM 89.8 fm ; 102,8 fm et 94 fm ( Maubeuge-Sambre-Avesnois) ou www.canalfm.fr

PODCAST : Dans la semaine qui suit la diffusion cliquez sur : http://www.canalfm.fr/index.asp?id=622

Emission Bayène        

charonne 2

Henri Alleg , un homme libre Franco-Algérien nous a quitté.

« Le meilleur hommage que pourrait lui rendre l’Etat français serait de reconnaitre officiellement la torture en Algérie », estime Patrick Le Hyaric, dans l’édito de l’Humanité de ce vendredi.

Nous pleurons un ami très cher, 
un camarade, un combattant 
de la liberté, un homme aux grandes qualités humaines, à l’exquise bonté: Henri Alleg rescapé de l’enfer 
de la torture des colonialistes français. Il portait en lui, avec ses yeux rieurs et doux, une telle fraternité! La vie 
du jeune Harry Salem aura été celle d’un citoyen 
du monde. Né à Londres dans une famille de juifs russe 
et polonais qui ont fui les pogroms pour s’installer 
en France. Puis, à l’automne 1939, il opte pour l’Algérie alors que le fascisme déploie ses hideuses tentacules 
sur l’Europe. C’est au nom de cette ouverture à un monde, à une Algérie débarrassée de toute domination 
de classe et de race qu’il exècre le colonialisme.

Dès son installation dans cette Algérie « française », 
monte en lui le refus de cette frontière, certes invisible mais bien réelle, qui sépare le monde des européens, citoyens français, et celui des Algériens, étrangers dans leur pays. La violence de cette injustice raciale lui ouvre le chemin 
du militantisme à la jeunesse communiste clandestine, 
puis au Parti communiste algérien.

Puisque la libération de l’Europe du nazisme ne libère pas l’Algérie de la domination et de la colonisation française, Harry, devenu Henri Alleg, fait de sa plume acérée une arme de combat dans les années cinquante pour une Algérie libérée du racisme et de l’oppression du colonialisme. Devenu directeur de Alger Républicain, maintes fois saisi et censuré, puis interdit, Henri Alleg est contraint à la clandestinité, puis arrêté. C’est l’Humanité alors qui publie ses articles. C’est notre journal encore, 
au prix de censures et de saisies, comme le 30 juillet 1957, qui publie le récit glaçant des scènes de torture qu’il subit, écrit du fond de sa prison. Son livre, la Question, était né, dont le retentissement fit l’effet d’une bombe. Depuis très longtemps, entre l’Humanité et Henri Alleg, tout n’est que complicité, amitié, respect. Il en devint 
un journaliste reconnu, puis son secrétaire général 
de nombreuses années.

Il y restera toujours très attaché, participant à 
nos publications, aux débats des Fêtes de l’Humanité, et à de nombreuses initiatives de l’Association des amis 
de l’Humanité. Jamais il n’aura baissé la garde dans 
le combat pour la vérité, la justice et la paix. Henri était tout à la fois un militant communiste, un journaliste 
et un écrivain qui nous laisse une belle œuvre. Au cours de l’année 2000, il signera l’appel dit des «douze» 
«pour la reconnaissance par l’état français de la torture», aux côtés de Germaine Tillion, auquel l’Humanité 
avec Charles Sylvestre, donnera un grand écho.

Le peuple et le mouvement progressiste algérien perdent un grand ami, un grand combattant de sa cause, de celle de la liberté et de l’anti-racisme. 
Le meilleur hommage que pourrait lui rendre aujourd’hui même l’état français serait de reconnaître enfin officiellement la torture en Algérie et les crimes de guerre. Ce serait aussi d’ouvrir les archives pour qu’éclate 
la vérité sur le sort du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, arrêté la veille de l’arrestation de Henri Alleg. L’Humanité et ses amis perdent un camarade « engagé » qui jusqu’au bout aura poursuivi sa quête d’un monde « de femmes et d’hommes libres, égaux et associés » qu’il identifiait au communisme. Ses combats d’une brûlante actualité resteront les nôtres.