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Les femmes sans voile accusent

>>> Article paru dans Marianne daté du 26 juin

Elles en ont marre. « Marre de l’indifférence, de la connivence, de la condescendance » avec lesquelles, en France, les « néocommunautaristes » traitent le combat des femmes de culture musulmane « qui se sont affranchies du voile au nom de la liberté, de l’égalité et de la dignité ». Près de chez elles, à Aubervilliers, les hommes osaient demander à l’une « de se couvrir pour être une bonne musulmane » : c’était l’été et elle sortait bras nus. Une lycéenne, sous influence salafiste, crachait à l’autre, son enseignante qui lui expliquait que le voile ne figurait nullement dans le Coran : « Je peux vous tuer pour ce que vous dites ! » De la rue au café où elles n’étaient pas les bienvenues, les menaces s’empilaient pour les belles aux yeux noirs. On les sommait à toute vitesse de rejoindre le troupeau massé sous le voile de la servitude volontaire. « Et nous n’étions ni à Alger ni à Kaboul ! Ça se passait à quelques stations de métro du centre de Paris… »

Alors Nadia et les autres ont décidé de fonder le collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers. Elles ont rallié le mouvement mondial des femmes de culture voile tignousmusulmane qui refusent, au péril de leur vie dans le monde islamique, ce voile « qui affirme la domination et le contrôle de la femme par l’homme ». Marianne a publié une de leurs tribunes l’hiver dernier. Elles étaient sur les marchés le 8 mars, distribuant vaillamment leurs tracts. Nous les avons retrouvées préparant la prochaine manifestation : celle de la deuxième journée des femmes sans voile, à laquelle appelle toute une ribambelle d’associations (voir la liste ci-dessous). La première s’était déroulée en 2014, près de la fontaine aux Innocents. Dans Charlie, une BD de Luz avait illustré cette prise de parole, sereine côté manifestantes, houleuse du côté des passants — et passantes — provoile, fermés à tout débat et drapés, au mieux, dans la sempiternelle apostrophe : « Islamophobes ! »

Un linceul

Le 10 juillet est une date choisie par les Canadiennes : la date de naissance à Montréal de Thérèse Forget-Casgrain. Elle consacra sa vie à la cause des femmes. « Et nous aussi, c’est tous les jours, dit tranquillement Nadia Ould-Kaci. Je suis une 100 % Beurette du 93, née à Saint-Denis, grandie à La Courneuve. J’habite Aubervilliers depuis quarante ans. Ma mère est arrivée de Kabylie, analphabète et non voilée. Elle en a 92 aujourd’hui et me demande toujours : « Mais quel avenir elles se préparent, toutes ces filles qui se voilent ? » Mon père, le dimanche, lisait l’Humanité en buvant un verre de rouge. J’ai gardé sa carte de la CGT. J’ai gardé le mot « communisme » aussi. Pour l’idéal, pas pour ce qu’en ont fait les hommes. Depuis trois ans, le voile s’est répandu dans des proportions inquiétantes. Il tend à devenir la norme : dans notre ville, on le met même aux petites filles. Les Maghrébines qui ne le portent pas entendent des insultes du genre : « Tu fais honte à Dieu ! » »

La honte, la vraie, contre laquelle elle se bat avec toutes les femmes du collectif, c’est ce linceul dont on commence à recouvrir les fillettes. Les photos sont éloquentes. « Nous demandons aux députés, aux sénateurs et aux sénatrices l’interdiction du voile pour les mineures. Au moins ça ! » martèle Nadia Benmissi, autre cheville ouvrière du mouvement. Les réponses sont décourageantes. « On est coincées ! » hasarde une élue. Par qui, par quoi ? Les « d’origine », elles, n’ont pas froid aux yeux. « Tant de femmes nous disent qu’on a raison mais qu’elles ont peur… » Dans sa « Convention citoyenne des musulmans pour le vivre-ensemble » de juin 2014, le Conseil français du culte musulman y va fort : il installe carrément la règle du voile pour les Françaises musulmanes alors que la « prescription coranique » ne mentionne nulle part l’obligation de se couvrir les cheveux. « Votre prise de position représente une régression qui banalise les répressions que subissent les femmes non voilées, s’insurge le collectif dans sa lettre au CFCM. Nous nous inquiétons de votre affirmation qui sacralise le port du voile et par là même cautionne l’action des fondamentalistes, source, dans notre pays, de troubles à l’ordre public. Votre crispation est un anachronisme dangereux pour nous tous. » Les pieux rédacteurs de la « convention » n’ont jamais daigné répondre. Leur rappeler que la première action des djihadistes, en Irak, en Syrie, au Mali, au Nigeria, quand ils s’emparent d’une ville, consiste à voiler intégralement les femmes pour leur interdire ensuite la totalité de la vie, fait tellement désordre…

Non au patriarcat

A cette pléiade de brunettes révoltées, Josiane Doan, une blonde ronde à l’accent qui chante, apporte sa solidarité de Provençale. « Parce que dire non au voile, c’est dire non au patriarcat. Et ça, j’ai connu ! » Dans les champs de lavande, entre Ollioules et Toulon, au début des années 60, « en milieu paysan, une femme, c’était comme un meuble. On fermait la porte de la cour pour empêcher la fille de sortir et mon père mesurait les ourlets des jupes. Je me suis battue grâce à l’école et je suis devenue inspectrice des impôts ». Alors quand, en 2012, Josiane croise, dans une rue d’Aubervilliers, une toute jeune fille que son frère tabasse « parce qu’elle avait osé sortir », elle se retrouve un demi-siècle en arrière, au temps de sa séquestration. De colère, elle rejoint le groupe de Place aux femmes qui s’occupe alors d’investir les cafés. Aux camarades « d’origine », elle dit : « Je suis des vôtres », tant l’origine d’une femme se ressemble dans tous les mondes. Très vite, la réaction au voile s’impose comme une urgence. La rue commence à vivre sous cape. Un petit foulard qui devient « l’intégrale ». « Une enfant de 5 ans qui refuse d’entrer chez ses voisins parce qu’ils mangent du porc et boivent de l’alcool, elle les traitait déjà de « mécréants »… » Bref, cette métamorphose qu’on nous dit si tranquille et qui, entre les enfants d’un même pays, les filles d’une même patrie, dessine les contours inquiétants d’un destin divergent.

Pour dire non, c’est place de la République, le 10 juillet. A 18 heures.

>>> Les associations signataires de l’appel du 10 juillet
Association des femmes euro-méditerranéennes contre les intégrismes (Afemci), Africa 93, Amel, Conseil européen des fédérations Wizo (CEFW), Cibel, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Du côté des femmes (DCDF), Egale, Encore féministes, Femmes contre les intégristes, Femmes solidaires, Femmes 3000, Coordination française pour le lobby européen des femmes (La Clef), La Ligue du droit international des femmes, Libres MarianneS, Marguerites sans frontières, Ni putes, ni soumises, Regards de femmes, Union des familles laïques (Ufal).
Contact : femmesansvoile@gmail.com
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1940 : Fichage des Juifs, 2015 : Fichage des enfants musulmans par Robert Ménard, Maire FN et délinquant

 Communiqué de presse du MRAPlogomrap

1940 : Fichage des Juifs
2015 : Fichage des enfants musulmans par Robert Ménard
Dans les années 40 le gouvernement de Vichy fichait les juifs, selon leur nom, leur confession, leurs liens familiaux, l’histoire nous a appris les conséquences de l’utilisation de ces fichiers.
Aujourd’hui, Robert Ménard, élu Front National, revendique le fichage des enfants musulmans de sa ville dans l’émission «Mots Croisés» sur France 2, le 4 mai 2015.
«Ces chiffres sont ceux de ma mairie… le maire a, classe par classe, le nom des enfants, je sais que je n’ai pas le droit de le faire… les prénoms disent les confessions».
Le 5 mai il confirme ses propos auprès de Jean Jacques Bourdin sur la chaîne BFM, en établissant un parallèle entre des statistiques ethniques dans le centre pénitencier de Béziers et celles des écoles de sa ville.
Le MRAP a décidé de saisir son service juridique pour déterminer les conditions d’une action en justice contre le maire de Béziers
Le MRAP se félicite de l’ouverture d’une enquête préalable par le procureur concernant ces déclarations ouvertement discriminatoires. Cette enquête doit
conduire à la condamnation de Robert Ménard pour ses propos monstrueux qui rappellent de bien tristes souvenirs.
Au-delà d’une action en justice, le fichage ethnique dans le cadre de l’exercice de fonctions de maire, constitue un fait extrêmement grave qui devrait justifier, sur décision ministérielle, un arrêté de suspension du maire préalable à sa révocation.
Paris, le 5 mai 2015

Le maire de Béziers : un délinquant qui s’assume

Communiqué LDHLe maire de Béziers fiche les élèves de sa commune par leurs prénoms pour identifier les musulmans. Outre l’imbécillité intrinsèque d’une telle démarche, celle-ci est bien évidemment totalement illégale, comme le maire l’a reconnu lui-même. Si Béziers est sous la coupe d’un individu sans autre perspective que d’attiser la haine et la discrimination, elle reste néanmoins assujettie aux lois de la République. C’est pourquoi la LDH engagera les procédures nécessaires contre Robert Ménard et espère que le parquet de Montpellier, la Cnil et le préfet de l’Hérault feront de même.

Paris, le 5 mai 2015

Les Social Impact bonds, innovation financière ou projet de société marchande totale ? (par le CAC)

Journée de travail et de formationcac logo

Lundi 8 juin 2015 – 9h30/17h

 

Les Social Impact bonds, innovation financière ou projet de société marchande totale ?

ICI VERSION PDF pour impression

 Bonjour,

En novembre dernier, nous avons été alertés par l’arrivée en France d’un projet de financement des besoins sociaux par des financeurs privés, sous le nom d’« Investissements à Impact Social » (IIS) avec comme cœur du projet les « Social Impact Bonds » (SIB). Depuis lors, une multitude de messages prépare insensiblement la société toute entière à adopter sans méfiance les « SIB », vantant la nécessité « d’innovations financières », les soi-disant « opportunités de financement que représentent les investissements sociaux », « la nécessité d’améliorer la gouvernance des associations face aux exigences des financeurs », sans expliquer réellement le contenu de ces expressions.

Aussi, le CAC et ATTAC ont décidé d’unir leurs efforts pour montrer que ce projet constitue une solution ruineuse pour les finances publiques (comme l’ont été les partenariats public-privé) et asservissante pour les projets associatifs. Il est en effet nécessaire d’alerter largement les citoyens et les associations sur le contenu des mesures envisagées et de demander au gouvernement d’y renoncer.faujour-0019-0066-m

Afin de préparer une campagne d’action commune, une journée de travail et de formation est organisée :

Lundi 8 juin 2015 de 9h30 à 17h

à l’AGECA, 177 rue de Charonne 75011 Paris (métro Charonne ou Alexandre Dumas)

Vous trouverez ci-dessous le programme de cette journée.

  • Merci de nous confirmer votre participation sur ce lien d’inscription (cliquez), ou d’y signaler votre souhait de participer à la suite de ce travail commun (même sans participer à cette journée).

Si d’autres organisations souhaitent être partenaires de la démarche, elles sont évidemment les bienvenues.

Solidairement,

Jean-Claude Boual pour le CAC                                                               Elen Riot pour ATTAC

 

  1. : à midi, un pique-nique « auberge espagnole » est prévu avec mise en commun de ce que chacun apportera.

 

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Programme de la journée de formation et de travail du 8 juin :

Les Social Impact Bonds, innovation financière ou projet de société marchande totale ?

Objectifs

Cette journée, co-organisée par le Collectif des Associations Citoyennes et ATTAC, poursuit quatre objectifs :

– partager beaucoup plus largement l’information relative au projet d’investissement à impact social et aux « Social Impact Bond » (SIB ou obligations à impact social en français) afin que les militants puissent eux-mêmes rediffuser l’information ;

– croiser les analyses du CAC avec celles d’ATTAC et d’autres mouvements ;

– expliciter en quoi ce projet est porteur d’un choix de société au niveau mondial ;

– préparer une campagne d’action commune pour alerter l’opinion et les organisations sur le sens et la portée de ce projet.

Déroulement

09h 30 Conférence gesticulée : extrait de la conférence gesticulée sur l’Economie Sociale et Solitaire d’Iréna Havlicek

10h 00 Introduction globale : historique et évolution du projet par Jean-Claude Boual et Elen Riot

10h 45 Ateliers :

Explication du mécanisme des SIB et réflexion sur les conséquences pour les finances publiques et pour les associations (celles qui seront amenées à souscrire de tels contrats et celles qui ne le feront pas) ;

Partenariats public-privé et stratégie des banques. En quoi les « Social Impact Bond » comme les « développement impact bonds », sont dans la logique des partenariats public-privé et constituent un élément important de la stratégie des banques et des investisseurs au niveau national et international ?

SIB et loi ESS : quels changements apporte la loi ESS ? Comment les SIB prennent place parmi les outils financiers mis en place par la loi ESS. La loi ESS a-t-elle été récupérée ? Quelles propositions alternatives ?

Un choix de société ? Quels choix de société apparaissent à travers l’analyse des textes fondateurs du projet et de la rhétorique développée par ses promoteurs, quelle conception alternative leur opposer à partir des pratiques associatives citoyennes ?

12h 30 Repas (pique-nique auberge espagnole)

13h 45 Compte rendu des ateliers

14h 30 Table ronde d’introduction au débat : comment agir ensemble pour amplifier un mouvement d’opposition à ce projet ? Quels liens à faire avec TAFTA, CETA, etc. ? Quelles propositions alternatives ?

15h 30 Débat général

16h 15 Programme de travail et appel aux volontaires pour élargir le groupe de travail et poursuivre l’analyse, la veille, l’information, répondre aux demandes d’intervention en régions et lancer une campagne médiatique.

16h 30 Conclusions et fin des travaux

 

Collectif des Associations Citoyennes

108, rue Saint-Maur 75011 Paris – contact@associations-citoyennes.net

www.associations-citoyennes.net – Notre page Facebook ICI

Deux jeunes Lillois se rendant à Naplouse refoulés à l’aéroport de Tel Aviv

Deux jeunes Lillois se rendant à Naplouse refoulés à l’aéroport de Tel Avivlogo afps

Deux jeunes Lillois, Meïssa B et Tofayl K, adhérents de l’AFPS Nord-Pas de Calais, qui se rendaient à Naplouse, ville palestinienne jumelée avec Lille, ont été refoulés mardi, 28 avril 2015, de l’aéroport israélien de Tel Aviv, qui est le seul permettant de se rendre en Cisjordanie afin de rencontrer des amis. En moins de 24 heures, sans possibilités de recours, ils ont été refoulés sur Bruxelles. Jean-Jacques Candelier, député communiste, était intervenu dans la nuit, auprès de Laurent Fabius, en vue d’arrêter la machine infernale israélienne.

Cette expulsion se produit, à la suite de plusieurs autres en quelques jours, visant responsables politiques, militants associatifs, ou tout simplement des personnes soucieux de rencontrer des amis palestiniens. Successivement ont été refoulés : le responsable des jeunes communistes du Val de Marne, deux jeunes musiciens angevins, trois militants alsaciens et maintenant les jeunes Lillois. Ainsi que le déclare un communiqué national de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS): ainsi se dévoile « toute la palette de l’arbitraire israélien.»

Les autorités gouvernementales françaises sont interpellées : ces cas s’ajoutent à des centaines d’autres. Elles se doivent de cesser leur complaisance auprès des dirigeants de l’Etat colonial israélien. Elles doivent s’en prendre à l’impunité israélienne qui nous éloigne de la paix.

AFPS Nord-Pas de Calais Lille le 28 avril 2015

Front National et extrême droite, en France, en Europe et dans le monde rencontre et discussion le 19 décembre à Roubaix

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