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Les Africains, les grands oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (El Watan)

 Les Africains en général et les Maghrébins en particulier demeurent les grands oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

La preuve, aucun mot n’a été soufflé, le 6 juin 2014, sur les lourds sacrifices consentis par les Africains lors de la célébration, en France, de la victoire du monde sur le nazisme et du 70 e anniversaire du débarquement allié en Normandie. Les Occidentaux continuent à ne mettre en valeur que les hauts faits d’armes des soldats américains et européens. Les soldats africains ont pourtant activement participé à la Seconde Guerre mondiale. Ils ont même été décisifs dans de nombreuses grandes batailles.

 Les livres d’histoire n’en parlent pas beaucoup, mais les soldats algériens, considérés comme des combattants d’élite, ont été, par exemple, les premiers à avoir traversé le Rhin. C’était dans la nuit du 30 au 31 mars 1945, à 3 heures du matin. Mais il faut savoir que la mobilisation en Afrique du Nord commence très tôt. Elle permit, de septembre 1939 à juin 1940, de constituer pour le corps de bataille quatorze divisions919009306 regroupant 340 000 hommes. Huit divisions étaient sur le front français le 10 mai 1940, au moment de l’offensive allemande. Sur les six divisions françaises qui tenaient entre la Dyle et la Meuse, trois étaient nord-africaines.

  Le cauchemar des prisons nazies

La débâcle de l’armée française en juin 1940 se solda par plus de 85 000 tués, dont 5 400 Nord-Africains et 1 800 000 prisonniers dont, selon Yves Chatel, le gouverneur général de l’Algérie de l’époque, 90 000 musulmans (60 000 Algériens, 18 000 Marocains et 12 000 Tunisiens). Excepté une dizaine de milliers de libérations et autant d’évasions, le reste des prisonniers coloniaux connut la captivité jusqu’à la Libération, quand ils n’étaient pas décimés par les maladies qui ravageaient leurs centres de détention. Les choses ne se sont pas arrêtées là.
 Juste après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, les trois colonies du Maghreb furent de nouveau mises fortement à contribution pour reconstituer l’armée française et participer aux combats pour la libération de la France et de la Tunisie. Armées par les Américains, les unités françaises, cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées, furent reconstituées et instruites au Maghreb pour être immédiatement incorporées au dispositif allié.
 Le chiffre le plus souvent avancé concernant l’effectif des musulmans maghrébins dans l’armée française de 1944 est celui de 233 000 hommes. Certains historiens estiment l’ensemble des troupes fournies par les trois pays d’Afrique du Nord de 200 000 à 250 000 musulmans entre 1943 et 1945, dont 120 000 à 150 000 pour la seule Algérie. Les évaluations des pertes de l’armée française depuis la campagne de Tunisie jusqu’à la capitulation allemande le 8 mai 1945 varient entre 97 000 et 110 000 tués, blessés et disparus. Si on se base sur les chiffres communiqués
 par le Service historique de l’armée de terre française (SHAT) qui font apparaître un total de 97 715 tués et blessés pour l’ensemble de l’armée française dont 11 193 tués et 39 645 blessés pour les musulmans, la proportion est de 52%.

 Au total, le Maghreb fournit à l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, si l’on additionne les chiffres de 1939-1940 et ceux de 1942-1945, pas moins de 800 000 combattants dont deux tiers d’indigènes. En tout, on estime le nombre d’Algériens tués durant la seconde guerre mondiale à 40 000.

 Chair à canontrailleurs

 Des milliers de soldats noirs appelés aussi « Tirailleurs sénégalais» (dont le nombre est de 179 000) ont également été mobilisés à partir de différentes colonies françaises vers la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de prisonniers noirs appartenant aux unités de tirailleurs sénégalais et parfois nord-africaines ont connu un sort tragique. Considérés par les Allemands comme des «troupes sauvages» et furieux d’avoir rencontré une farouche résistance opposée par ces combattants, notamment pour défendre la ville de Lyon, beaucoup d’entre eux furent massacrés après leur capture sans aucune autre forme de procès, jetés dans des fosses communes ou dans les flammes des fermes en feu. Certains furent achevés, écrasés par les chenilles de chars allemands.
 Par ailleurs, les empires coloniaux français et britannique ont joué un 137rôle majeur dans la guerre. L’Afrique, en particulier, a été le théâtre de nombreuses opérations et a participé au financement de la guerre. Les puissances coloniales engagées dans la guerre (Allemagne et Italie, d’un côté, contre la France, l’Angleterre, la Belgique de l’autre) se sont en effet affrontées en Afrique à travers leurs colonies. L’Afrique contribuera beaucoup à la consolidation du camp des alliés, notamment en servant de base arrière pour leurs opérations. L’Algérie a même servi pendant un moment de «quartier général» pour la «France Libre».
 Malgré tous ces sacrifices, il a fallu cependant attendre jusqu’en 2007 pour que les anciens combattants africains de l’armée française perçoivent la même pension que les soldats français engagés dans la guerre. Pis encore, la France en 1945 ne tiendra pas sa promesse de laisser les pays qu’elle a colonisés accéder à leur indépendance nationale. Le cauchemar colonial allait ainsi se poursuivre pour des millions d’Africains durant près de deux décennies. 

Zine Cherfaoui

 http://www.elwatan.com/international/maghrebins-et-africains-oublies-de-l-histoire-08-06-2014-260369_112.php

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Affaire Ben Barka : communiqué de l’AMDH suite au jugement du tribunal de Lille

amdh

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,benbarkabuttin

Hier, le Tribunal de Lille a rendu son verdict concernant la plainte qui a été déposée contre Me Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, pour «violation de secret d’instruction», par l’un des complices présumés de l’assassinat de l’opposant politique marocain Mehdi Ben Barka.

Le président du tribunal correctionnel de Lille a prononcé la «relaxe»,en expliquant que l’infraction n’était pas « caractérisée ». La partie civile a été déboutée de toutes ses demandes.

«C’est une décision juste, non seulement juste sur un plan politique mais juste en droit, et c’est ce qui est important devant un tribunal. je me réjouis que dans cette affaire la justice triomphe», a réagi Me Buttin. (AFP)

l’AMDH-Nord/France se réjouit de cette bonne nouvelle et félicite Me Buttin pour cette victoire, mais aussi et surtout, pour le combat qu’il mène depuis 50 ans aux cotés de la famille Ben Barka pour la vérité et la justice.

Nous adressons tout particulièrement nos remerciements à toutes celles et à tous ceux qui ont pris part à la mobilisation et qui ont soutenu Me Buttin lors de ce procès .

Nous tenons à remercier aussi toutes les personnes qui ont contribué à la réussite du Meeting Citoyen et Solidaire que nous avons organisé à Lille, le 14 avril (veille du Verdict), en présence de Bachir Ben Barka, de Hélène Legeay (représentante de L’ACAT) et de Me Joseph Breaham, dont les brillantes interventions ont permis d’éclairer le public sur les différentes affaires en cours, y compris cette affaire qui opposait Me Buttin à Miloud Tounsi.

Ce meeting a été aussi l’occasion de rendre hommage à Feu Hadj Ali El Manouzi qui nous a quitté récemment sans connaître le sort de son fils Houcine El manouzi.

benbarka2Nous vous rappelons que ce Meeting fait suite à l’Appel « Vérité et Justice, Contre l’impunité, la torture et la détention politique au Maroc », lancé par l’AMDH-Nord/France et soutenu par plus d’une cinquantaine d’Organisations (Assos, ONG, partis politiques, syndicats…en France et au Maroc) ainsi qu’une centaine de Personnalités (dont 15 députés et sénateurs français, des responsables et représentants de partis politiques français et marocains, des journalistes, des écrivains, des Historiens, des avocats, des poètes, des intellectuels, des artistes et des militants associatifs…).

Nous tenons à préciser que ce meeting ne constituait que la première étape de cette compagne internationale et de ce combat de longue haleine que nous avons lancé avec cet Appel.

Nous vous tiendrons au courant, en temps et en heure, de la suite de cette compagne et du programme d’activités et d’actions prévues pour la mener jusqu’au bout.

benbarka1Nous vous promettons de nous battre de toutes nos forces, avec nos partenaires et à coté de tous les épris de justice pour que vérité et justice soient enfin révélées au grand jour et que cessent l’arbitraire, la torture, l’impunité, la détention politique et toutes les atteintes aux droits humains les plus élémentaires au Maroc comme ailleurs!

AMDH-Nord/France

Lille, le 16 avril 2014

Liberté pour Ali ANOUZLA, rejoignez le Comité de soutien Nord/France

Lille, le 11 Octobre 2013

Communiqué de presse :

Création du Comité de Soutien – Nord/France

pour la Libération d’Ali ANOUZLA

anouzlaScandalisés et alarmés par la mise en examen de Monsieur Ali ANOUZLA, Journaliste marocain et responsable de la publication marocaine indépendante Lakome.com , un ensemble d’organisations, de personnalités politiques ainsi que des militants et journalistes , soutenu par l’Association Marocaine des Droits Humains Nord-France et le Club de la Presse, ont créé ce 11 octobre 2013 un Comité de Soutien pour la Libération d’Ali ANOUZLA, Nord-France

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Rappel des faits :

Le 14 septembre 2013, le site d’information en ligne LAKOME.COM a publié un article rédigé par Monsieur Ali ANOUZLA relatif à une menace terroriste formulée à l’encontre du Maroc. Cet article, informant d’une propagande terroriste contenue dans une vidéo, proposait un lien vers un quotidien espagnol qui avait lui-même publié l’information et ladite vidéo.

Le 17 septembre 2013, la police judiciaire de Casablanca a placé Monsieur Ali ANOUZLA en garde à vue, après avoir saisi les ordinateurs de la rédaction. Après 8 jours d’enquête préliminaire, Monsieur Ali ANOUZLA a été présenté à un juge d’instruction chargé des affaires terroristes.

Le 24 septembre 2013, à la suite de cette première comparution, Monsieur Ali ANOUZLA a été mis en examen pour «assistance délibérée à des criminels ayant commis des actes terroristes», «fourniture de moyens pour des actions terroristes» , et «apologie de crimes terroristes». Le journaliste, qui encourt 10 à 30 ans de réclusion criminelle, a été immédiatement placé en détention préventive à la prison Zaki à Salé.

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Appel du comité :

Bien que cette procédure judiciaire, fondée sur une décision politique et arbitraire, vise un homme en particulier, elle constitue en réalité une media anouzlamenace grave pour l’ensemble de la presse indépendante au Maroc.

L’usage d’une législation antiterroriste à l’encontre d’Ali Anouzla constitue une menace grave pour la liberté d’expression et l’utilisation d’une procédure d’exception constitue, en tout état de cause, une menace sérieuse au droit à un procès équitable. L’engrenage répressif dans lequel se sont enfermées les autorités vise à terroriser l’ensemble de la presse marocaine et les militants de défense des droits humains au Maroc.

Depuis l’arrestation d’Ali Anouzla, plus de 50 organisations à travers le monde (dont Amnesty International, Reporters sans frontières, Human Rights Watch) ont exprimé leur solidarité avec Ali Anouzla en dénonçant sa détention et en exigeant sa libération immédiate et sans conditions.

Des journalistes (comme Florence Aubenas et Edwy Plenel) ou encore des intellectuels (comme Edgard MORIN-sociologue et philosophe, Abdellatif LAÂBI-écrivain, poète et prix Goncourt), ont également affiché leur soutien en faveur d’Ali ANOUZLA.

Le Comité de Soutien Nord-France considère Monsieur Ali ANOUZLA comme détenu d’opinion et dénonce la procédure dont il fait l’objet comme étant une atteinte grave au droit à la liberté d’expression inscrit, notamment, dans l’article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques ratifié par le Maroc, ainsi que dans l’article 25 de la Constitution du Maroc. Le Comité de soutien Nord-France a pour mission d’exiger le respect de la liberté de la presse et du droit de savoir au Maroc, la fin des poursuites a l’encontre d’Ali ANOUZLA et sa libération immédiate.

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Premiers membres du comité :

Organisations :

Association Marocaine des Droits Humains (AMDH Nord-France).

Club de la Presse Nord-Pas de Calais.

Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT).

Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP, Lille).

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH Lille).

Centre Culturel du Monde Arabe (CCMA).

Personnalités :

Michelle DEMESSINE, Sénatrice du Nord et Ancienne Ministre.

Jean-Jacques CANDELIER, Député du Nord.

Bernard DEROSIER, membre honoraire du Parlement et Ancien président du Conseil Général du Nord.

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