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Le 7 septembre Pierre Charret sera décoré de la Légion d’Honneur,mais qui est cet homme que la République honore ?

Notre association est heureuse de relayer l’information concernant la remise de la Légion d’Honneur à monsieur Pierre Charret, le vendredi 7 septembre à 18h, dans ce haut lieu de mémoire de l’horreur nazi qu’est le Fort de Bondues, Musée et Mémorial de la Résistance.

Pierre Charret natif du limousin en 1925, d’un père ancien combattant gazé de 14-18, décédé prématurément en 1938, et d’une mère lingère infirmière qui se sacrifiera pour permettre à ses deux enfants de faire des études.

En 1936/1937 il s’intéresse à la guerre d’Espagne grâce à un oncle, militant communiste, qui convoi des camions pour la République Espagnole.

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Guernica après le bombardement

En 1942 il est reçu au concours d’entrée à l’École Normale et entre comme instituteur interne au Lycée de Gueret.  Cette année là, sous l’impulsion d’un de ses oncles, le Parti Communiste clandestin se réorganise, la résistance se développe, des maquis Francs Tireurs et Partisans s’organisent dans la région. Les déraillement de trains de marchandise sur la ligne Paris-Toulouse se multiplient, désorganisant la machine de guerre nazie, et provoquant la répression de la police française aux ordre de Pétain, puis de l’occupant après l’invasion de la « zone libre ».

Durant l’été 1943, Pierre et d’autres camarades normaliens aident discrètement les maquis. A la rentrée scolaire ils organisent un groupe de FTP armé, le groupe « René Lafarge » du nom d’un normalien fusillé par les nazis à Dijon.

Tout en poursuivant leurs études ils organisent clandestinement la récupération et le transport d’armes et d’explosifs, de cartes d’alimentation, de vêtements et de chaussures pour les maquisards, des sabotages ; jusqu’au débarquement de juin 1944 ou ils rejoindront le maquis.

Durant les combats de la libération, la responsabilité du  groupe FPT de Mouchet (Indre) sera confié à Pierre, alors que la région est marquée par les massacres commis par la tristement célèbre division « Das Reich ».

A la libération il est homologué sous lieutenant FFI et s’engage jusqu’à la fin de la guerre. Après une formation à l’école militaire de Saint Maxent il rejoint le 13éme Régiment d’Infanterie qui combattra sur le front de La Rochelle, jusqu’au 8 mai 1945.

Démobilisé à l’automne 1945, il rejoint sa promotion à l’École Normale de Moulins, puis prend un poste d’instituteur  dans la Creuse.

En 1946 il épouse Lucienne, membre de l’Union des Femmes Françaises, qu’il a rencontrée à Saint Maxent, ou elle était réfugiée. C’est le début d’une vie militante partagée, de la Creuse vers le Nord, ou ils seront tous deux membres de la direction départementale du PCF. Après la naissance de leurs deux enfants, Lucienne reprendra courageusement ses études pour devenir infirmière en pédiatrie à l’Hôpital de la Fraternité à Roubaix, puis à Blanchemaille, pour enfin terminer sa carrière comme cadre infirmière au centre de gériatrie du Molinel, à Wasquehal.

En 1977, le couple fête la victoire de la gauche unie aux élections municipales de Wasquehal. Pierre devient adjoint au maire à la petite enfance et aux personnes âgées. Il marquera la commune par ses réalisations dans le domaines des mini-crêches et des foyers logements.

Pierre assure longtemps des responsabilités militantes, comme secrétaire de la section PCF de Croix-Wasquehal et au Syndicat National des Instituteurs, dont il est l’un des responsables départementaux.

L’heure de la retraite sonne enfin. Mais y a t-il vraiment une retraite pour les militants sincères de la cause humaine?

Pierre poursuivra donc son engagement pour transmettre aux jeunes générations les valeurs républicaines, humanistes, et les combats qu’il a mené pour leur défense. C’est par des conférences et des rencontres dans les établissement scolaires qu’il poursuivra son engagement, avec l’appui de ses camarades résistants au sein de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR), dont il fut longtemps un dirigeant national.

Honneur à toi Pierre, la République et les militants humanistes te sont éternellement redevables.

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Guy Patin à mi-chemin du périple de la dignité

À MI-CHEMIN DU PÉRIPLE DE LA DIGNITÉ

Düsseldorf, dimanche 29 juin, Guy Patin se trouvait à mi-route de sa longue marche de la dignité. Victime d’un handicap après un accident de travail, Guy Patin circule en fauteuil roulant.

Le 6 juin 1941, l’arrière-grand-père de Guy Patin, Alfred Leriche, était arrêté à Avion (près de Lens) par la gestapo. Alfred Leriche était l’un des organisateurs à la fosse 4 d’Avion de la grande grève des mineurs qui rassembla 100 000 gueules noires du 27 mai au 09 juin 1941. Pendant près de 15 jours, ces mineurs arrêtèrent la production de charbon privant ainsi la machine de guerre allemande de 500 000 tonnes de charbon, donnant par cette action un essor considérable à la Résistance populaire dans la région Nord – Pas-de-Calais.

Commissariat d’Avion, prison de Béthune, caserne Kléber à Lille, caserne Vincent à Valenciennes emprisonnèrent plus de 500 mineurs. Le 11 juin 1941, Alfred Leriche et 225 de ses camarades sont déportés à la citadelle de Huy (Belgique). Le 23 juillet, 244 mineurs sont déportés de Huy vers l’horreur concentrationnaire : le camp de Sachsenhausen. Alfred Leriche disparaît le 15 mai 1943.

Le 6 juin 2014, lors d’un concert organisé par la municipalité d’Avion, Guy Patin entamait son périple. Roulant sans discontinuer sur son fauteuil roulant, Guy Patin traverse le Nord de la France, la Belgique et maintenant l’Allemagne, allant à la rencontre de jeunes, d’associations d’élus pour témoigner sur les engagements et les valeurs des Résistants contre la barbarie de l’extrême droite national-socialiste.

De l’hommage individuel qu’il souhaitait rendre à son arrière-grand-père, Guy Patin initie un geste collectif de mémoire et de Résistance.

Vous pouvez suivre le courageux parcours de Guy Patin sur sa page facebook L’étincelle vint du pays noir.

Suivi du périple effectué par l’association Création Recherche Innovations Sociales en partenariat avec le Secours Populaire français.

166 avenue de Bretagne 59000 Lille / 06 75 68 59 61