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À Bruno, mon camarade, mon ami et pour tout cela mon frère…

À Bruno, mon camarade, mon ami et pour tout cela mon frère…

Ce matin, dans le train entre Paris et Lille… un coup de fil…

Je reste abasourdi. Bruno vient de nous quitter.

Bruno, ton sourire… et je devinais tes yeux pétillants de malice quand tu venais vers moi à nos réunions. Toujours une blague, un bon mot au coin des lèvres… Provocateur tu me disais : «  je suis un social-démocrate ! » et c’est exact, tu étais un véritable social-démocrate. Pas un social-libéral, un mollasson, mais un militant pétri de valeurs, d’intelligence et d’humanité.

Tu faisais beaucoup et tu en parlais peu, parfois une confidence me permettait de mesurer la qualité et la dimension de tes actions.

Nous étions côté à côte pour la promotion et la défense de la laïcité. Une laïcité sans rivage, sans compromis, et pour cela sans dogmatisme et sectarisme.

Je me souviens de notre petite réunion à l’Espace Éluard. Médecin, tu nous parlais sans détour des difficultés que connaît l’hôpital aujourd’hui pour accueillir les patients issus des milieux populaires. Quelle belle réunion !

À toi ma chère Catherine, à vos enfants.

Toute ma Fraternité.

Pierre Outteryck

Président de l’association Espace Éluard

Secrétaire de la cellule PCF de Roubaix

Pete Seeger nous a quitté, au revoir camarade.

Pete Seeger est né en 1919, chanteur folk contestataire il fut un compagnon de route de  Woody Guthrie  avec qui il fonde les Almanac Singers, groupe de chansons militantes pour les syndicats du CIO.

En 1950, il fonde le groupe The Weavers, qui jouera un rôle déterminant dans l’éclosion du courant du folksong protestataire.

Pete Seeger quitte ensuite le groupe et effectue de nombreuses tournées dans tout le pays, seul avec son banjo, et enregistre des centaines de titres.

Lors de l’éclosion de la génération folk dans les années soixante, il fait figure de grand frère pour tous les jeunes artistes qui émergent à cette époque, comme Joan Baez ou Bob Dylan et plus récemment pour Bruce Springsteen.

Interrogé lors de la chasse aux sorcières maccarthyste pour son engagement dans le Parti communiste américain, dont il est membre depuis 1940, il refuse de témoigner, déclarant que sa liberté d’expression et d’opinion est garantie par le premier amendement de la constitution américaine. Cette défense lui vaut dix condamnations cumulatives à un an de prison chacune pour outrage au Congrès. Mais la peine est annulée en appel, et ne sera jamais exécutée.

Ce militant des droits civiques, ami de Martin Luther King Jr  s’est également engagé dans le combat pour la défense de l’environnement.

Il est coauteur avec Lee Hays de If I Had A Hammer :

Eh bien, je suis un marteau,Et j’ai eu une cloche, Et j’ai eu une chanson à chanter, Tout autour de cette terre.  C’est le marteau de la justice,  C’est la cloche de la liberté,  C’est la chanson sur l’amour entre mes frères et mes sœurs, Tout sur cette terre.

 Chanson stérilisée par Claude François sous le titre Si j’avais un marteau.

Il est le coauteur, avec Joe Hickerson de Where Have All the Flowers Gone?  popularisée par Peter, Paul and Mary en 1962 ou Joan Baez.

 

Il chante aussi des textes contestataires, comme Little Boxes (Petites boîtes), de Malvina Reynolds, interprétée en français par Graeme Allwright et en espagnol par Víctor Jara sous le titre Las Casitas Del Barrio Alto, générique de la série tv Weeds, chanson qui se moque de la petite bourgeoisie américaine, applicable à la France d’aujourd’hui :

…Et les gens dans les maisons, Tous sont allés à l’université , où ils ont été mis dans des boîtes , et ils sont sortis tous les mêmes. Et il y a des médecins et des avocats et dirigeants d’entreprises , et ils sont tous fabriqués à partir de pacotille Et ils ont tous l’air identiques…

Il questionne aussi le rôle de l’enseignement dans la société dans What did you learn in school ?, écrite par Tom Paxton, et également chantée en français par Graeme Allwright :

«J’ai appris que notre gouvernement doit être fort. Il a toujours raison et jamais tort. Nos dirigeants sont les plus forts. Et on élit toujours les mêmes. »

Au cours des combats pour les droits civiques des Noirs, il donne une version politique d’un vieil hymne religieux, We Shall Overcome, qui sera en particulier reprise par Joan Baez.

Intellectuelle et artiste don l’influence est encore vivace : album hommage Where are the flowers gone en 1998 et en 2006 l’album de Bruce Springsteen We Shall Overcome : The Seeger Sessions.

Pete Seeger nous a quitté le 27 janvier 2014 à New York à l’âge de 94 ans , dans un quasi silence médiatique!

 

le 17 septembre à Roubaix : « Mains brunes sur la ville » proposé par le MRAP

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Bonne route Witold, notre ami… mon camarade !

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Des pas précipités rue du Molinel ; une main me saisit par la manche.

« Bonjour Pierre, c’est Witold… ».

Nous nous entraînons vers un estaminet proche ; sur la table il étale une esquisse, un dessin ; il sait que je n’y vois pas… Il a pris mon index et le fait circuler sur les courbes. D’autres fois, trop rarement, je le retrouvais dans son atelier au 26 rue du Château, derrière la mairie de Roubaix. Witold est roubaisien, roubaisien jusqu’au bout des ongles. Il naquit à Roubaix le 10 octobre 1944, il y vit toujours … Quartier de la Fraternité. Tout un programme… Son programme.

witold 2Il nous a quittés dans la nuit du 14 au 15 août, à 1000 km de Roubaix, à Valbonne. Toute la journée du 14 passée sous le grand ciel de toile bleue du Midi. Il affectionnait tant cette couleur, le bleu hérétyskien, un bleu intense, électrique, profond rappelant le bleu de Klein sans lui être identique.

Ce bleu soulignait les formes féminines, des parties de corps … Aucune vision pornographe même si ces assemblages pouvaient sembler mécaniques.

La femme… C’est avant tout Danièle, sa muse, son épouse… Toujours là.Sart-Babylone_02_4430

Présente sur un des pignons de l’avenue Charles de Gaulle à Roubaix, Danièle… Visage de femme, les bras portant un enfant, leur fils Ivan. Danièle suggérée dans la station de métro Jean-Jaurès dont Witold Heretynski organisa le décor avec Daniel Dalluin.

Danièle toujours présente avec ses magnifiques bleus sur ce grand mur de 6 m de haut lors de l’exposition « On a choisi Rubens ». Commissaire technique , D. Lenglart, commissaire artistique, E. Trumeau, avaient choisi une trentaine de peintres de la région dans le cadre de Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture.

« Soyez ce que vous voulez être ; le paradis n’est pas un lieu où tu peux te rendre : non, le paradis c’est la perfection en toutes choses ».

Telle était la devise de Witold reprenant les propos de Jonathan Livingstone dans « Le Goéland ».

Witold demeurait profondément attaché à la Pologne, à la polonité. Dans les années 80, il avait occupé quelques heures le consulat de Pologne à Lille… Soif de Justice, de Liberté, de Droits de l’Homme. Lors d’une de nos dernières rencontres, il m’avait exprimé ses craintes et son effroi, son amertume de voir ces hommes qu’il avait défendus dans les années 80 tourner le dos à leur idéal et devenus des « fieffés réactionnaires »…

Humaniste, provocateur : les titres de ses toiles en attestent : «  Les empires éclatent un jour », « Les oiseaux sont mignons mais ils m’empêchent de dormir, dommage… », « La vie d’artiste, il faut l’inventer tous les jours », et surtout « Souvent la dorure c’est du toc ».

Provocateur mais discret, Witold aimait le Peuple, les petites gens de Roubaix, leurs aspirations et leurs luttes. Profondément communiste dans le sens vrai du terme, il savait partager et voulait en même temps que chacun conserve sa singularité.

Ce 15 août vers 2 h du matin, tu as retrouvé des amis, notamment Roger et Michel, partis avant toi…

Bonne route Witold… et merci !

Pierre Outteryck, un Roubaisien

Il y a 99 ans Jean Jaures était assassiné, hommage du directeur le l’Humanité

Patrick Le Hyarick, directeur de l’Humanité, a rendu hommage le 31 juillet à Jean Jaures sur les lieux de son assassinat , 99 ans après ce crime contre la Paix et la République sociale.

Il met en avant l’actualité criante des combats et discours du député de Carmaux, fondateur du journal « l’Humanité »  :