Les partis : une exigence morale et démocratique!

 

Les 9 et 10 juillet 1940, devant un Parlement croupion, amputé des députés communistes, pourchassés car ils étaient restés fidèles à leur engagement, et de députés, entre autres Jean Zay, désireux de partir un Afrique pour maintenir en vie la République face à l’envahisseur nazi, Laval et à travers lui Pétain, stigmatisait le rôle des parties et abattait la République.

Certes la période n’est pas identique ; mais aujourd’hui les attaques directes et indirectes contre les partis choquent l’esprit républicain. Tout est bon pour dévaloriser, mépriser, stigmatiser l’engagement partisan : lancement de façon publicitaire de sauveurs suprêmes, mépris des engagements pris en public, déloyauté et oubli de la fidélité.

Tout ceci accroît la crise morale et intellectuelle de notre société, favorise les ambitions personnelles, les tentations antidémocratiques quel que soit le discours tenu.

Historien et citoyen, je ne peux que souscrire à la mise en garde solennelle faite par Alain Bocquet, député-maire de Saint-Amand-Les-Eaux le 25 février 2017 à Marly

Pierre Outteryck

Professeur agrégé d’histoire

« L’article 4 de notre Constitution décrète que « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage » ; et que la loi garantit leur participation équitable à « la vie démocratique de la Nation ».

Prenons-y garde dans ces temps délétères où tout concourt au dénigrement de l’action politique, au rejet des partis que simultanément, trop de démarches à gauche comme à droite, tendent à réduire à la fonction d’écuries présidentielles. Soyons en garde à propos de cette nouvelle mode des hommes ou femmes providentiels affublés de l’étiquette « anti système » et qui sont les purs produits de ce système. Ils s’en accommodent aisément et veulent secrètement le perpétuer. Tout changer, pour que rien ne change c’est bien connu !

Ces dérives et la personnalisation outrancière de la politique sont un danger pour notre démocratie. L’expérience que j’ai pu en acquérir me conduit à ressentir et à dénoncer cet appauvrissement considérable de la réflexion, du discours et du débat politiques. Notre peuple, les peuples ont tout à y perdre.

La soumission des gouvernements à la puissance des multinationales et des marchés, la domination de la finance qui a pris tous les leviers de commande dans la marche du monde, menacent de priver les citoyens de tout repère et de les spolier de tout espoir de changement.

Jamais l’écart entre les plus riches et l’immense majorité de l’humanité n’a été aussi considérable et aussi flagrant. Porteuses d’injustices et de désespérances, ces errances s’accompagnent de la montée de périls extrémistes et d’une radicalisation qui nourrit les terrorismes.
S’il n’y a pas de fatalité à ce mouvement du monde, il est clair cependant que l’engagement politique et l’existence de partis politiques représentent un enjeu chaque jour plus crucial pour rompre avec les logiques mortifères à l’oeuvre.  »

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