Gattaz, le premier ministre de Hollande ? Communiqué de presse de la CGT 59/62

hollande couche

L’inflexion donnée par le chef de l’Etat lors de sa conférence de presse du 14 janvier est lourde de conséquences.

Faisant écho au MEDEF qui réclame 100 milliards pour l’hypothétique création d’un million d’emplois – excusez du peu, cela ferait un jackpot de 100.000 euros par emploi ! – François HOLLANDE décrète que pour plus d’embauches, il faut à la fois réduire les contributions des entreprises et les normes qui fixent les exigences de la société vis-à-vis des entreprises.

Le président de la République installe un « observatoire des contreparties », sans en préciser le périmètre, la composition et les critères. Et il confie la conduite d’un « conseil de simplification » à un parlementaire et un patron. Il distribue d’abord l’argent au patronat, et renvoie à un horizon incertain la fixation de la conditionnalité. C’est ce qu’il appelle un « pacte de responsabilité » !

Serions-nous entrés dans une nouvelle République, la « République du MEDEF » ? La présence du préfet de région lors du lancement de la campagne nationale du MEDEF le 13 janvier dernier à Marcq-en-Baroeul le laisserait à croire…

Certes l’Entreprise est d’une grande importance, et fait partie du cœur de nos préoccupations. Mais encore faudrait-il s’accorder sur ce que recouvre la notion d’Entreprise. Elle ne peut se résumer à l’employeur, à ses propriétaires et uniquement, ou prioritairement, à leurs intérêts. L’entreprise c’est aussi une communauté de femmes et d’hommes qui travaillent, des salariés, avec leurs besoins, leurs attentes. L’Entreprise bénéficie également de services publics et d’infrastructures publiques sans lesquels elle ne pourrait pas être créée, vivre et se développer. Il est donc normal qu’elle participe financièrement à l’entretien de la Puissance publique. Par ailleurs, les commandes publiques concourent pour une part très importante à l’activité de l’Entreprise privée…

La CGT met en garde devant la tentation du discours ambiant consistant à tout céder aux employeurs, de tout axer sur l’Entreprise. Dans le contexte où le Président de la République assume le choix d’une politique libérale tournant le dos aux salariés, il nous semble opportun de rappeler que les politiques publiques doivent être définies et menées à partir de l’ensemble des besoins de la population régionale. Ainsi la culture, la santé, l’éducation, les transports, l’aménagement du territoire régional, doivent être tout autant au cœur des préoccupations des pouvoirs publics nationaux et régionaux, et sans pour autant passer par le prisme unique de l’Entreprise.

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